Suréalisme vs Trans-réalisme

Christian Satin, peintre et architecte

Après la période surréaliste (1919-1969) : « Le Trans-réalisme »

 

En cette seconde décennie du XXIème siècle, près d’un demi siècle après la fin officielle du surréalisme ; comme c’est le cas pour les tableaux de Jérôme Bosch, on ne peut pas « classer » les œuvres actuelles dans la dénomination « surréalisme ».

Cependant, une grande partie de l’esprit ou plutôt de l’âme subsiste car un « état d’être » surréaliste vit avant et après le mouvement littéraire, pictural, etc… désigné au XXème siècle sous le vocable « surréalisme ».

 

Dans la filiation des surréalistes pour accéder à plus de réalité émerge une approche nouvelle qui témoigne qu’il s’agit d’œuvres réalisées en ce XXIème siècle aujourd’hui. Cela m’ incite à utiliser des mots tels que « trans-réalisme » ou « alterréalisme » qui consistent en une « réalité transposée » ainsi qu’une autre réalité que l’on peut nommer « alter-réalité » plutôt que de parler de surréalisme.

 

La dimension novatrice qui conduit à parler de trans-réalisme découle :

 

-D’une part, l’ « alter/réalité » qui provient d’une volonté d’exprimer des situations et des images immersives qui effacent les frontières entre le monde réel et imaginaire ; et qui débouche sur une « autre » réalité alternative. D’autre part, la « trans-réalité » où l’on insère des « scènes » dans un corpus contextuel qui interrompt la cohérence entre le passé, le présent et le futur.

 

-Notre perception actuelle est celle d’un monde au sein d’un univers où le concret de l’expérience apparente s’intègre dans un espace – temps ; théâtre de transformations et de conversions auxquels est confrontée de façon permanente la matière.

L’essence même de la matière est le chaos des transformations fortuites du cosmos, et notre perception singulière et précaire que nous avons du quotidien.

 

-L’univers et l’évolution imposent ses changements supérieurs dans la capacité perceptive et imaginaire du cerveau. Une autre caractéristique dans la « transréalité poétique » est le joint de la réalité avec le mythe, de manière à ce qu’il n’existe plus de différence entre certitude et ambiguïté.

 

La « trans-réalité » et l’ « alter/réalité » , même si elles étaient déjà présentes de manière sous-jacente précédemment, sont des concepts totalement intégrés dans mes triptyques actuels qui s’inscrivent dans un élan expressif qui évolue au fil du temps de Jérôme Bosch jusqu’ à nos jours.

 

C’est pourquoi, par rapport à la définition du « surréalisme » du XXème siècle, les mots « trans-réalismes » et « alter/réalisme » sont mieux adaptés aux œuvres produites en ce début de XXIème siècle.

 

Nous « sortons » de plus d’un demi siècle d’expériences artistiques diverses dont l’art conceptuel, l’art minimal, etc… qui nient tout message représentatif ou imagé et par laquelle l’œuvre doit reproduire la conception de l’artiste, c'est-à-dire sa démarche spirituelle.

 

Par cette démarche, l’art conceptuel et le minimalisme témoignent de la multitude d’approches possibles dans la quête de plus de réalité ; elle s’adresse à un public plus restreint d’initiés. De plus, dans la spiritualisation pure des œuvres, l’art conceptuel rejette toute idée de beauté artistique.

 

Il ne s’agit toutefois pas de revenir aujourd’hui à la définition dominante de la beauté telle que définie au XIXème siècle, et dont E.Kant écrivait :« le beau est ce qui plait universellement sans concept » .

 

En ce début du XXIème siècle après des tentatives de faire table rase de tout jusqu’aux

notions de « beau » et de la « beauté »; nombre d’entre nous aspirent à ce que les

« concepts » soient exprimés de manière harmonieuse en s’adressant à la sensibilité tout

autant qu’à l’esprit.

 

J’aime citer les quelques phrases écrites par Pierre Gouverneur :

 

« le trans-réalisme apparaît comme un concept adapté à l’Epoque Actuelle ».

 

- « Il n’est nullement utopique car il n’a pas pour unique objet de théoriser ; il invite aussi à

s’investir, à agir pour contribuer à un dépassement permettant d’améliorer grandement

les relations et comportements, sans lesquels l’Humanité, peut régresser ou sombrer à

jamais, si elle ne parvient pas à maîtriser les considérables et rapides bouleversements

auxquels elle est confrontée. »

 

- « Il n’est nullement pessimiste car il démontre que l’évolution de l’esprit humain permet

d’avoir foi en l’Homme, et remarque que le meilleur de lui se révèle souvent dans ses

pires moments. »

 

- « ll souligne aussi que la grande spécificité de l’Humain repose sur sa faculté de choisir.

C’est pourquoi, il invite à dénoncer les comportements irrespectueux qui empêchent de toujours mieux se respecter et respecter.

Le mal, si on le laisse prospérer, devient un trop puissant ennemi du bien. »

 

- « Le trans-réalisme invite à n’être, ni loup parmi les brebis, ni brebis parmi les loups.

C’est pourquoi l’Auteur se doit de relater tous les pouvoirs rendus petits, par leurs comportements oppressifs et irrespectueux qu’il à rencontrés, pas seulement pour se soulager mais surtout pour contribuer à les combattre. »

 

C’est cette voie que je désire explorer en peignant des tableaux sous la forme de triptyques dont les volets extérieurs sont similaires à une couverture d’un livre que chacun peut ouvrir pour découvrir le contenu selon son imagination du moment ; chacun, auteur et spectateur apporteront ainsi leur pierre personnelle à l’édification « de davantage de réalité. »

 

 

Christian Satin,

 

15 octobre 2014

 

After the surrealist period (1919-1969):

« Trans-realism »

 

As we are in the second decade of the 21st century, almost half a century after the official death of surrealism, we cannot classify contemporary works as surrealist, as is also the case for the paintings of Hieronymus Bosch.

However, a large part of the surrealist spirit, or rather its soul, remains alive today because a surrealist “state of being” existed before and after the surrealist literary and artistic movements of the 20th century.

 

Deriving from surrealism and a desire to reach a greater reality, we see the emergence of a new approach which appears in 21st century works. This prompts me to use words such as trans-realism or alter-realism which encapsulate a “reality transposed” as well as another reality which can be called “alternate reality,” rather than speaking of surrealism.

 

The origin of the innovative dimension that leads us to trans-realism :

 

On one hand, there is alternate reality which comes from a desire to express immersive situations and images that blur the boundaries between the real and the imaginary, leading to an alternative reality. On the other, you have trans-realism, which involves inserting scenes into a collection of contextual works, and thus interrupting the coherence between past, present and future.

 

Our current perception is that of a world at the heart of a universe where the reality of apparent experience is integrated into space-time; a theatre of transformations and conversions which the subject is continuously confronted by.

The very essence of the subject is the chaos of transformations created randomly by the cosmos, and our singular and precarious perception of daily life.

 

The universe and evolution impose their superior changes on the perceptive and imaginative capacity of the brain. Another characteristic in poetic trans-realism is the link between reality and myth, thus erasing the difference between certainty and ambiguity.

 

Even if they were previously underlying ideas, trans-reality and alternate reality are concepts completely integrated in my current triptychs. They are part of an expressive surge which has evolved over time, from Hieronymus Bosch until the present day.

 

This is the reason why, in contrast with the 20th century’s definition of surrealism, the terms trans-realism and alter-realism are better suited when referring to works produced at the beginning of the 21st century.

 

We have left behind more than half a century of diverse artistic experiments, including conceptual art and minimal art, which deny any representative or pictorial message, yet through which the understanding of the artist, or rather his spiritual journey, must be reproduced.

 

Through this journey, conceptual and minimalist art demonstrate the multitude of approaches which can be taken in the search of a greater reality, whilst addressing a small inner circle. Moreover, conceptual art rejects all notion of artistic beauty, through the pure spiritualisation of the works.

 

However, this does not mean a return to the predominant definition of beauty today as it was defined in the 19th century, about which E. Kant wrote “the beautiful is that which pleases universally without a concept.”

 

Now, at the start of the 21st century, after attempts to wipe clean all notions of “beautiful” and “beauty”, many of us aspire to express concepts in a harmonious way, addressing sensitivity as much as the mind.

 

I would like to quote some words written by Pierre Gouverneur:

 

« le trans-réalisme apparaît comme un concept adapté à l’Epoque Actuelle ».

 

- « Il n’est nullement utopique car il n’a pas pour unique objet de théoriser ; il invite aussi à

s’investir, à agir pour contribuer à un dépassement permettant d’améliorer grandement

les relations et comportements, sans lesquels l’Humanité, peut régresser ou sombrer à

jamais, si elle ne parvient pas à maîtriser les considérables et rapides bouleversements

auxquels elle est confrontée. »

 

- « Il n’est nullement pessimiste car il démontre que l’évolution de l’esprit humain permet

d’avoir foi en l’Homme, et remarque que le meilleur de lui se révèle souvent dans ses

pires moments. »

 

- « ll souligne aussi que la grande spécificité de l’Humain repose sur sa faculté de choisir.

C’est pourquoi, il invite à dénoncer les comportements irrespectueux qui empêchent de toujours mieux se respecter et respecter.

Le mal, si on le laisse prospérer, devient un trop puissant ennemi du bien. »

 

- « Le trans-réalisme invite à n’être, ni loup parmi les brebis, ni brebis parmi les loups.

C’est pourquoi l’Auteur se doit de relater tous les pouvoirs rendus petits, par leurs comportements oppressifs et irrespectueux qu’il à rencontrés, pas seulement pour se soulager mais surtout pour contribuer à les combattre. »

 

 

It’s this path that I want to explore by producing paintings in the form of triptychs, where the outer wings resemble a book cover allowing the viewer to open and discover the content, according to their imagination at the time. Everyone, author and viewer will thus contribute their own personal brick to the construction of a “greater reality.”

 

 

Christian Satin,

 

15 octobre 2014

 

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